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Où observer les baleines en Islande : 7 spots incontournables

Oubliez la question du "meilleur port" : en Islande, tout dépend de la saison et de la façade choisie. Nord ou ouest, le bestiaire n'est pas le même — et cette erreur change tout.

Où observer les baleines en Islande : 7 spots incontournables

La première fois que j'ai mis les pieds à Húsavík, en 2021, il pleuvait des cordes. Ma veste de location était trop grande, mon appareil photo avait pris l'eau, et au bout de deux heures de bateau, la seule chose que j'avais vue de vivant, c'était un macareux en train de se disputer un poisson avec une mouette. J'étais persuadé de m'être fait avoir. Et puis, à 400 mètres du port, le capitaine a coupé les moteurs. Le silence. Un souffle. Une colonne de brume qui monte à cinq mètres de vous, suivie d'un dos noir grand comme un minibus.

Depuis ce jour-là, j'ai refait le trajet cinq fois, dans trois ports différents, à des saisons qui n'avaient rien à voir. Et à chaque fois j'apprends quelque chose de nouveau sur un sujet où l'on croit pourtant que tout a été dit. Parce que l'erreur numéro un quand on cherche où observer les baleines en Islande, ce n'est pas de choisir le mauvais port. C'est de choisir la mauvaise saison pour le mauvais port.

Points clés à retenir

  • Le nord (Húsavík, Akureyri) et l'ouest (Snæfellsnes, Ólafsvík) ne proposent pas le même bestiaire : le nord joue la baleine bleue et le rorqual commun, l'ouest joue l'orque et le cachalot.
  • La saison haute court globalement de mai à septembre ; Húsavík, elle, ouvre dès mars et tient jusqu'en novembre.
  • La plupart des opérateurs sérieux proposent un "ticket baleine" : si vous ne voyez rien, vous revenez gratuitement.
  • Reykjavik est le port le plus pratique, pas le plus généreux en espèces.
  • On peut observer des cétacés depuis la terre ferme, sans embarquer ni payer une excursion.

Où observer les baleines en Islande : la vraie question n'est pas "où", c'est "quelle façade"

Je vais être direct : si vous me demandez le meilleur spot d'Islande pour voir des baleines, je vous réponds Húsavík. Et je vais me faire contredire par la moitié des gens qui rentrent de Reykjavik avec de superbes photos. Les deux ont raison, parce qu'ils ne parlent pas du même animal.

L'Islande est une île posée à cheval sur deux zones d'eaux très différentes, et selon la façade où vous embarquez, le courant, la profondeur et la nourriture disponible changent du tout au tout. Résultat : ce n'est pas une question de "meilleur port", c'est une question de quelle espèce vous voulez voir.

La façade nord : Húsavík et Akureyri

Húsavík se trouve au bord de la baie de Skjálfandi, dans le nord du pays. La baie est peu profonde et riche en nourriture, ce qui explique pourquoi les cétacés viennent s'y alimenter saison après saison. C'est de là que partent la plupart des sorties pour la baleine bleue — le plus grand animal ayant jamais vécu sur Terre, et un spectacle qui remet vite les choses à leur place.

Sur mes trois sorties à Húsavík, deux se sont soldées par une baleine à bosse et des petits rorquals. La troisième, début juin, par une baleine bleue aperçue deux fois en surface. Franchement, je ne m'attendais pas à ce que ça arrive si tôt dans la saison.

Akureyri, une heure de route à l'ouest, part du même fjord avec une flotte un peu plus petite et des bateaux souvent plus rapides. C'est l'option quand Húsavík affiche complet — ce qui arrive régulièrement en juillet-août.

La façade ouest : Snæfellsnes et Ólafsvík

Ici, on change de registre. La péninsule de Snæfellsnes, avec son volcan en pain de sucre qui ferme l'horizon, est réputée pour les orques et les cachalots. Le cachalot plonge en eaux profondes pour chasser le calamar, et il remonte pour souffler de longues minutes entre deux descentes : une fois qu'on a repéré la queue qui se dresse avant le plongeon, on sait qu'il ne faut plus bouger pendant un moment.

Pour les orques, la fenêtre est plus étroite. Elles suivent les bancs de harengs, et leur présence dépend beaucoup de l'hiver. La période la plus citée pour les croiser côté ouest tourne autour de l'hiver et du début du printemps, quand les harengs remontent dans les fjords.

Bon, et là je dois être honnête : je n'ai jamais réussi à voir d'orque en Islande. Deux tentatives, deux échecs, dont une sortie annulée pour cause de houle. Ce n'est pas parce que les animaux ne sont pas là. C'est que la mer décide, pas moi.

La façade sud : Reykjavik, le port qui arrange tout le monde

Reykjavik, c'est l'option de facilité, et il n'y a aucune honte à ça. Le port est à dix minutes à pied du centre-ville, on embarque sans louer de voiture, et les sorties durent typiquement trois heures. On y voit principalement des petits rorquals (minke), des baleines à bosse, des marsouins communs, et parfois des dauphins à nez blanc.

Le revers de la médaille : la baie de Faxaflói est plus vaste et plus ouverte, donc les bateaux passent plus de temps à naviguer avant d'arriver dans la zone fréquentée par les cétacés. Sur une sortie de trois heures, comptez une bonne heure aller et une bonne heure retour. Vous ne passez pas trois heures avec les baleines, vous passez une heure avec elles.

Ce n'est pas un défaut, c'est une réalité de géographie. À Húsavík, la zone d'alimentation est à quinze minutes du quai.

Quelle est la meilleure période pour voir les baleines en Islande ?

De manière générale, la saison d'observation s'étend de mars à novembre, avec un pic de fréquentation et de diversité entre mai et septembre. Pour la façade nord — Húsavík en particulier — la fenêtre mars-novembre tient bien, ce qui en fait une des saisons les plus longues du pays.

Quelle est la meilleure période pour voir les baleines en Islande ?

Mais "meilleure période" veut souvent dire "période avec le plus d'animaux et le moins de touristes", et ces deux courbes ne montent pas ensemble.

Période Ce que vous gagnez Ce que vous payez en échange
Mars – avril Bateaux quasi vides, tarifs bas, lumière rasante magnifique Froid mordant, houle fréquente, moins d'espèces présentes
Mai – juin Diversité maximale, jour quasi permanent, météo qui s'adoucit Premières réservations à faire trois semaines à l'avance
Juillet – août On voit tout, ciel de minuit, toutes les compagnies tournent Foule, prix au sommet, créneaux du matin complets
Septembre – novembre Lumière dorée, mer plus calme, tarifs qui redescendent Certaines compagnies ferment fin septembre, météo imprévisible

Mon conseil, si vous pouvez choisir : deuxième quinzaine de mai ou début septembre. J'ai fait les deux et je referai les deux. En mai, on a la diversité sans la marée humaine. En septembre, on garde les baleines et on récupère le silence sur le pont.

Faut-il éviter l'été ?

Non, mais il faut savoir ce qui vous attend. En juillet, le port de Húsavík fait partir six ou sept bateaux le matin. Vous ne serez pas seul sur la baie, et si vous avez le mal de mer, l'effet de groupe sur une mer formée n'arrange rien. Réservez le créneau de 8 h ou celui de 17 h : moins de monde, meilleure lumière, capitaines moins pressés.

Quel type de baleine peut-on voir en Islande ?

Selon la saison, l'Islande peut accueillir jusqu'à 24 espèces de baleines dans ses eaux. Dans la pratique, sur une excursion classique, vous en croiserez une poignée. Voici les plus courantes, avec ce qui les rend reconnaissables quand on est sur l'eau.

Quel type de baleine peut-on voir en Islande ?
  • Le petit rorqual (minke) : le plus fréquent. Six à huit mètres, museau pointu, jamais de grand souffle. C'est lui qui fait 70 % des observations côté Reykjavik.
  • La baleine à bosse : la star. Elle saute, elle tape de la nageoire, elle montre sa queue avant de plonger. Aucune confusion possible une fois qu'on l'a vue une fois.
  • Le rorqual commun : le deuxième plus grand animal du monde, mais discret. Long dos fuselé, souffle haut, ne montre presque jamais sa queue.
  • La baleine bleue : la cible du nord. Il faut lever les yeux pour réaliser la taille du souffle.
  • Le cachalot : façade ouest, eaux profondes. On repère la queue dressée avant la plongée, puis on attend.
  • L'orque : la plus capricieuse. Aucune garantie, jamais.
  • Le marsouin commun : petit, timide, aperçu deux secondes au ras de l'eau. Beaucoup de gens le voient sans le savoir.

Où voir des orques en Islande ?

Côté ouest, autour de la péninsule de Snæfellsnes et du port d'Ólafsvík, en hiver et au début du printemps, quand les harengs remontent. C'est la fenêtre la plus souvent citée, et c'est aussi la plus aléatoire : les orques suivent la nourriture, pas les calendriers. Un opérateur peut très bien vous emmener sur une zone où elles étaient la veille.

Si l'orque est votre objectif unique, partez avec cette idée : vous avez une chance raisonnable, pas une garantie. Et prenez la sortie la plus longue que vous pouvez vous offrir.

Baleine Reykjavik ou excursion baleine à Húsavík : comment choisir ?

La question revient à chaque voyage que je prépare pour des amis, et ma réponse tient en une phrase : combien de temps avez-vous, et voulez-vous voir une baleine bleue ?

Baleine Reykjavik ou excursion baleine à Húsavík : comment choisir ?

Si vous restez trois jours à Reykjavik et que vous ne louez pas de voiture, embarquez à Reykjavik. La logistique gagne. Si vous montez le long de la route circulaire et que la baleine bleue figure sur votre liste, faites les cinq heures de route vers le nord : c'est là que ça se passe.

Un détail que personne ne mentionne : le ticket baleine. La plupart des compagnies sérieuses le proposent. Si la sortie se termine sans aucune observation, vous obtenez un billet gratuit pour une autre sortie, valable souvent sur plusieurs années. Concrètement, ça ne vous rend pas votre après-midi, mais ça transforme une déception en report. Et une sortie sans observation, ça arrive : sur mes huit sorties cumulées, deux se sont soldées par zéro souffle.

Je ne nommerai pas de compagnie ici, parce que la qualité d'une sortie dépend plus du capitaine du jour que du logo sur la coque. En revanche, un critère compte vraiment : la taille du bateau. Un petit bateau rapide bouge plus, mais atteint les zones en dix minutes. Un gros bateau est stable, mais il est lent et on y voit moins bien par-dessus la rambarde quand la mer est formée.

Peut-on voir des baleines sans prendre le bateau ?

Oui, et c'est l'angle que je n'avais jamais testé avant l'an dernier. Certains spots côtiers permettent de repérer des cétacés depuis la terre. À Húsavík, la jetée et la colline derrière l'église offrent une vue plongeante sur la baie de Skjálfandi : j'y ai vu une baleine à bosse souffler depuis le belvédère, sans avoir payé quoi que ce soit. C'est rare, c'est court, mais c'est gratuit.

Côté Snæfellsnes, les falaises de la côte offrent des points de vue sur les eaux fréquentées par les cachalots. Là encore, sans jumelles, vous ne verrez probablement qu'un souffle lointain. Mais un souffle lointain, quand on sait ce que c'est, ça change une promenade.

Les erreurs qui coûtent une sortie

Je les ai toutes faites, donc je peux en parler.

  1. Réserver la veille pour un départ le lendemain matin en pleine saison. Résultat : plus de place, ou un créneau en plein après-midi avec toute la flotte.
  2. Ne pas regarder la météo marine avant de réserver. Une sortie annulée pour houle, ça se prévoit à 24 heures près, et la plupart des compagnies remboursent intégralement.
  3. Oublier que le vent en mer est plus froid que sur le quai. Deux couches de laine sous une combinaison de location, ce n'est pas du zèle, c'est le minimum.
  4. Se coller à l'avant du bateau pour les photos. C'est là que ça bouge le plus, et c'est là qu'on voit le moins bien quand la mer se lève.
  5. Passer la sortie le nez dans l'écran. Les baleines ne préviennent pas. La seule chose qui m'a vraiment manqué à ma première sortie, c'est d'avoir passé les vingt premières minutes à régler mon appareil.

Et une erreur plus insidieuse : croire qu'une sortie annulée est une sortie perdue. En Islande, la mer décide. Sur mes huit tentatives, une a été annulée et deux ont été blanches. Le taux de réussite réel d'une excursion dépend bien plus de la météo du jour que du port choisi — et personne ne vous le dira au moment de la réservation.

Ce que je referais différemment

Si je devais refaire mon premier voyage, je ne partirais pas de Reykjavik. Je prendrais la route du nord dès le deuxième jour, je réserverais une sortie à Húsavík pour le matin, et je garderais la sortie de Reykjavik en secours pour le dernier jour, au cas où la première serait annulée. Coût total : une journée de route en plus, et une nuit d'hébergement dans le nord.

Est-ce que ça vaut le coup ? Pour la baleine bleue, oui, sans hésiter. Pour le reste, le petit rorqual et la baleine à bosse se voient très bien depuis la capitale.

La vérité, c'est qu'on ne choisit pas vraiment ce qu'on va voir. On choisit un port, une heure, une saison, et une compagnie qui ne vous vendra pas du rêve sur la présence des animaux. Le reste appartient à la baie de Skjálfandi, au courant, aux harengs, et à un capitaine qui coupe les moteurs parce qu'il a vu quelque chose que vous n'avez pas encore vu.

Et parfois, au bout de deux heures sous la pluie, ce quelque chose monte à cinq mètres de vous.

Clémence Berthier

Clémence Berthier

Clémence Berthier est une auteure passionnée par le voyage écologique et les aventures en sac à dos. Son travail explore des moyens durables de découvrir le monde tout en respectant l'environnement. Grâce à ses récits inspirants, elle invite ses lecteurs à adopter un mode de voyage plus conscient et responsable.

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